Les Catherinettes...
Jour béni. J'avais presque oublié les Catherinettes... cette fête qui célèbre et met de l'avant les délaissées du village. Lors d'une grande fête paroissiale, les Catherinettes préparaient une
tire si collante que le gourmand ou l'inconscient qui s'aventurait trop près de leurs étals se retrouvait lié à la cuisinière par cette lanière de sucre qui ne pouvait se rompe qu'après des
milliers et milliers de coups de langue. Nos grand-mères ne dépensaient pas des fortunes en parfum et déshabillés de toutes sortes... elles savaient que pour attirer et conserver le célibataire
hésitant... il suffisait de lui coller les doigts.
Le subterfuge est bien connu aujourd'hui. Le célibataire hésitant ne mange plus de sucreries, car il a pu observer son grand-père aux doigts rougis et à la panse bien remplie. Le célibataire
hésitant d'aujourd'hui célèbre les vertus du concubinage et de l'union libre. Exit... l'engagement solennel, les voeux éternels de fidélité... il veut être sûr de lui et bien tater le terrain.
Les petites Catherinettes ne sont pas en reste. Exit... l'esclavagisme domestique, la soumission aveugle... elles ont investi les universités et exercé leur domination sous d'autres cieux.
Le célibataire hésitant se retrouve donc, de plus en plus fréquemment, sous la houppette, parfois féroce et cruelle, d'une Catherinette évoluant sur son propre territoire. Plus moyen de
s'évader dans les champs ou de se cacher dans la grange... Il doit affronter les Catherinettes. Les conseils de son grand-père en la matière ne lui sont d'aucune utilité... puisqu'il a
encore les doigts collés. Mais sa grand-mère se fait plus rassurante et lui dit qu'il vaut mieux en choisir une et rester vivant... que de mourir prématurément sous une horde de Catherinettes en
furie. Légendaire sagesse...
Patricia
25 novembre 2009
Par Patricia
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